“Les frères retrouvés” par Menahem Macina

Présentation sur le site de l’éditeur.

Les frères

retrouvés

De l’hostilité chrétienne à l’égard des juifs à la reconnaissance de la vocation d’Israël

Dans Jésus de Nazareth, Benoît XVI exonère définitivement les Juifs de toute responsabilité collective dans la mort du Christ. L’Église reparle aujourd’hui de l’antisémitisme chrétien, parce qu’elle sait les ravages que cette dérive a provoqués par le passé.

Les frères retrouvés s’inscrit résolument dans cette démarche salutaire.

En historien et homme de foi, Menahem Macina revisite à travers les siècles, les épisodes saisissants d’une terrible histoire. Écrit sans concession, souvent du point de vue des persécutés, ce livre peut choquer, voire révolter. Il ouvre néanmoins la voie au pardon et à la réconciliation. Extrêmement documenté, écrit bien avant la parution du dernier livre du pape, Les frères retrouvés plaide pour le dépassement des clivages et des haines, pour une réconciliation authentique et durable entre juifs et chrétiens.

Ce livre est un signe de vérité et un plaidoyer pour l’amour entre frères trop longtemps séparés.

date de parution:24 mars 2011

- PARUTION : 24 MARS 2011
- PRIX : 20 €
- PAGES : 320
- FORMAT : 148×205
- ISBN : 978-2-35631-064-4


4ème de couverture:

Pendant longtemps, l’attitude des chrétiens à l’égard des juifs fut empreinte d’une hostilité ouverte et assumée. D’innombrables textes ont ainsi alimenté un antisémitisme intolérable. Le Concile Vatican II a rompu définitivement avec cette dérive. Bien des efforts ont été faits, depuis, pour incliner les consciences chrétiennes à un regret sincère et les amener à reconnaître la complémentarité des « deux [peuples] dont [Dieu] a fait un » (Ep 2, 14).

Menahem Macina retrace la genèse du processus qui a conduit le Concile à désavouer de longs siècles d’« enseignement du mépris » et affirme le rôle essentiel de la Shoah dans le dessillement progressif du regard chrétien.

En témoignant que « le Christ, notre paix, a réconcilié les juifs et les Gentils par sa Croix et, en lui-même, des deux, a fait un », l’Église a reconnu la vocation complémentaire des deux communautés de foi. L’auteur salue cette grande avancée humaine et spirituelle et nous invite à poursuivre le travail, et à approfondir encore la compréhension mutuelle entre juifs et chrétiens.

Livre d’histoire et de spiritualité, qui n’élude pas le contexte politique, Les frères retrouvés scrute le passé et éclaire le présent.

Diplômé en histoire de la pensée juive, de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Menahem Macina a été chercheur et maître de conférences invité dans plusieurs universités ; il est l’auteur de Chrétiens et juifs depuis Vatican II et de nombreuses études sur les doctrines eschatologiques juives et chrétiennes.

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AVANT-PROPOS

Je n’ayme point les juifs: ils ont mis en la Croix Ce Christ, ce Messias qui nos péchés efface… (P. de Ronsard, Sonnet pour Hélène)
Enseignant à des garçons de la classe de cinquième et constatant, à propos de l’Ancien Testament, l’ignorance hostile de ces jeunes chrétiens à l’égard des juifs, nous avions posé la question: «Mais enfin, n’y a-t-il pas des juifs à qui tout chrétien doit une vénération particulière? Et parmi eux, n’en est-il pas un ?… » La classe restait muette. Une voix soudain s’élève: «En effet, il y a Jésus-Christ, mais il était catholique.» 

P. Dabosville3

Le 6 janvier 1933, soit vingt-cinq jours avant que le prési­dent allemand Hindenburg n’appelle Adolf Hitler à former un gouvernement d’union nationale, l’évêque de Namur, en Belgique, faisait lire dans toutes les églises de son diocèse une Lettre pastorale «établissant une Journée de prières pour la conversion d’Israël4 ».Jésus-Christ a consacré trois années de sa vie publique à l’évangélisation du peuple juif […]. Avant de remonter au ciel, il dit à ses apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations» et, malgré leur déicide, les juifs ne sont pas exclus de cet apos­tolat.

Il rappelait que, depuis de longs siècles, l’Église, dans son émouvante supplication du vendredi saint, fait chanter à ses prêtres: « Prions aussi pour les per­fides juifs» […] et continue en disant: « Dieu tout-puissant et éternel, qui ne fermez pas votre miséricorde même à la perfidie judaïque, exaucez les prières que nous vous adres­sons, pour vous conjurer de les faire sortir de leur aveugle­ment, afin que, reconnaissant la lumière de votre vérité, qui est Jésus-Christ, ils soient enfin tirés de leurs ténèbres…»

Et pour illustrer le deuxième point de son mandement, intitulé «Nous avons intérêt à le faire », l’évêque de Namur affirmait, conformément aux idées du temps:

Il ne faut pas oublier non plus que la prépondérance prise par les juifs fait courir au monde chrétien les plus graves dangers. « Si vous ne sauvez le juif, disait l’un des leurs, récemment converti, le juif vous perdra

Cet état d’esprit inspirait même le projet d’encyclique Humani generis unitas, contre l’antisémitisme, élaborée par deux théologiens à la demande de Pie XI – auteur du célèbre trait: «Spirituellement nous sommes des Sémites!» –, mais qui ne vit jamais le jour. On peut y lire des passages dont on rougirait aujourd’hui. Tel, entre autres, ce constat de faillite5:

Aveuglés par des rêves de conquête temporelle et de suc­cès matériel, les juifs perdirent ce qu’eux-mêmes avaient recherché.

Ou encore ce jugement, aussi funeste que sans appel:

Peuple infortuné, qui s’est jeté lui-même dans le malheur, dont les chefs aveuglés ont appelé sur leurs propres têtes les malédictions divines, condamné, semble-t-il, à errer éternellement sur la terre.

On verra plus loin6, qu’il ne s’agit pas d’exceptions mal­heureuses. Au contraire, l’ensemble du document est de la même eau.

Dieu merci, les choses ont changé depuis le concile Vati­can II. Cette assemblée exceptionnelle des évêques du monde entier a promulgué une déclaration, approuvée à une très large majorité, intitulée Nostra Ætate, dont le quatrième chapitre, consacré aux juifs7, parle d’eux avec un respect impressionnant et ouvre des perspectives si novatrices, que ses rédacteurs n’ont pu trouver aucun précédent chez les Pères de l’Église et encore moins dans la Tradition et l’ensei­gnement catholiques des quelque dix-neuf siècles écoulés depuis la mort du dernier apôtre.

J’ai consacré un ouvrage antérieur8 à l’analyse théologi­que et spirituelle de cette attitude nouvelle et positive envers les juifs, appelée, à juste titre, «un nouveauregard9 ». C’est pour en illustrer, par contraste avec l’attitude ecclésiale antécédente, le caractère révolutionnaire, que j’ai consacré la première partie du présent livre à un long et péni­ble survol de ce que l’historien Jules Isaac a appelé «l’ensei­gnement du mépris ».

On le sait, les aléas de l’histoire des hommes ont propulsé le christianisme de la situation précaire de groupe religieux minoritaire et persécuté, qui fut la sienne durant au moins les deux premiers siècles de notre ère, au rang de religion dominante, tour à tour crainte et adulée par les puissants de ce monde, au moins jusqu’à l’aube de l’histoire contempo­raine. Et ce n’est pas médire outrancièrement que de rappe­ler qu’au temps de sa puissance, cette imposante organisation religieuse, qui se considère comme humano-divine et s’inti­tule elle-même Église du Christ, a largement bénéficié de l’appui du pouvoir temporel et qu’en de nombreuses occa­sions, elle s’est servie de son influence pour imposer aux juifs un statut et des mesures vexatoires qu’elle a regrettés publi­quement depuis.

Les exposés décapants qui suivent ne scandaliseront que les chrétiens qui veulent oublier le traitement réservé aux juifs durant de longs siècles en chrétienté, ou ceux qui veulent «tourner la page » le plus vite possible, en gommant le négatif pour mieux célébrer le positif, réputé par eux «extraordi­naire », si l’on tient compte de l’attitude chrétienne hostile antérieure. Force est de le reconnaître: il y a eu de la haine entre « les deux familles» de « l’Israël de Dieu », et il y en a encore malheureusement sous la forme de l’antisionisme et de la diabolisation de l’État d’Israël10 et de la présence juive sur une terre réputée appartenir exclusivement aux Arabes, mais aussi, parfois, dans certaines empoignades entre les partenai­res juifs et chrétiens, autour de questions litigieuses11. Que cette peur des mots forts mais vrais provienne de l’autosatis­faction chrétienne, ou de la crainte juive de faire preuve d’ingratitude, son principal inconvénient est d’inhiber la luci­dité de partenaires qui prennent leurs désirs pour des réalités, et ne voient pas que, malgré une indéniable amélioration des rapports entre juifs et chrétiens, peu de choses ont vraiment changé sur le fond du contentieux théologique entre les deux confessions de foi. J’en veux pour preuve, entre autres, la for­mule regrettable qui figure dans la constitution Lumen gen­tium (II, 9) du concile Vatican II:

Et tout comme l’Israël selon la chair cheminant dans le désert reçoit le nom d’Église de Dieu (Ne 13, 1; cf. Nb 20, 4; Dt 23, 1 sq.), ainsi le nouvel Israël qui s’avance dans le siècle présent en quête de la cité future, celle-là perma­nente (cf. He 13, 14), est appelé lui aussi : l’Église du Christ.

Comme l’ont fait remarquer certains théologiens engagés dans la promotion du « nouveau regard» chrétien sur le peu­ple juif, l’expression «Nouvel Israël» – qui, soit dit en pas­sant, ne figure nulle part dans les Saintes Écritures, y compris les chrétiennes – ressemble à s’y méprendre à celle forgée par les Pères de l’Église: « Verus Israel » (le véritable Israël). La théologie qui la sous-tend est incontestablement «substitu­tionniste12 », en ce sens qu’elle reprend, en termes différents, la conception chrétienne multiséculaire, selon laquelle, comme le disait, au lendemain du concile, le plus grand artisan de la déclaration Nostra Ætate, le cardinal Augustin Bea13, l’«ancien» Israël a perdu ses prérogatives originelles, qui sont passées à l’Église, et « n’est plus le peuple élu de Dieu, en tant qu’institu­tion de salut pour l’humanité14 ».

C’est dire que les juifs posent toujours problème à l’Église, et même qu’ils constituent pour elle une pierre d’achop­pement théologique irritante. Je reviendrai, en plusieurs endroits de cet ouvrage, et plus spécialement dans ma conclu­sion, sur le danger spirituel inhérent à de telles conceptions, si, comme je le crois, le dessein de Dieu – encore caché à l’Église –, est de rétablir les juifs dans leurs prérogatives d’antan, sans condition d’adhésion préalable à la foi au Christ comme Messie et comme Fils de Dieu. Dans ce cas, toute résistance militante à cette perspective, que beaucoup de prélats et de fidèles jugent « impensable », risquerait d’ame­ner les chrétiens qui s’y livrent à « se trouver en guerre contre Dieu » (cf. Ac 5, 39).

Le contenu et le ton des deux premières parties de ce livre pourront paraître excessivement sévères, voire majoritairement négatifs. Elles constituent, en effet, une anthologie des affres et des conséquences de l’affrontement doctrinal et reli­gieux multiséculaire qui opposa, de manière souvent drama­tique, les deux confessions de foi, rivées l’une à l’autre autant que rivales l’une de l’autre.

La Première partie – intitulée «“Vos frères qui vous haïs­sent” (Is 66, 5): la réprobation chrétienne du peuple juif» – décrit cet état d’esprit, en l’illustrant de nombreux extraits de textes antijudaïques, depuis les origines jusqu’au milieu du XXe siècle, puis d’un survol du contenu de nombreux manuels d’enseignement religieux des XIXe et XXe siècles, et d’une antho­logie de propos émis par des papes et par la presse catholique entre 1870 et 1938.

La deuxième partie – intitulée «Un autre regard: l’Église redécouvre le peuple juif» – retrace et analyse la découverte progressive par les chrétiens, entre 1920 et 1950, de la nature préjudiciable de leur attitude à l’égard du peuple juif; un exa­men de conscience qui donna lieu à des rencontres, d’abord privées, puis à des tentatives institutionnelles officieuses de nouer des relations positives entre chrétiens et juifs, mais buta sur le «hors de l’Église, pas de salut15 ».

Ce n’est qu’à la lecture de la troisième partie – intitulée «Résistance à l’apostasie» – que le lecteur comprendra l’esprit du présent ouvrage. Loin d’être un brûlot négatif, voire iconoclaste, il entend montrer au contraire qu’au tra­vers des lenteurs et des résistances humaines qui semblent si décourageantes que l’on serait tenté de désespérer, l’Esprit de Dieu mène irrévocablement à son terme le salut de tous les hommes, incluant la reconstitution de son peuple par­venu à sa plénitude messianique par la fusion, en son sein, des nations chrétiennes restées fidèles au temps de l’épreuve ultime.

Ce livre n’est donc pas un «livre noir» de la persécution chrétienne du judaïsme, doublé d’un réquisitoire visant à victimiser les juifs et à diaboliser les chrétiens. Il ne constitue pas davantage un constat de faillite des relations Église-Syna­gogue, ni ne veut écrire l’histoire d’un échec annoncé de cette relation, considérée par trop de chrétiens et de juifs comme impossible ou sans intérêt.

Au contraire, voici mon espérance pour les chrétiens:

  • Qu’ils découvrent, dans le récit biblique de la sépara­tion violente entre le royaume d’Israël (Joseph-Éphraïm) et le royaume de Juda (1 R 12), la préfiguration du schisme entre l’Église et le judaïsme.
  • Qu’à la lumière des Écritures juives et chrétiennes, ils comprennent que la réunion « des fils de Juda et des fils d’Israël» (Os 2, 2) est le type prophétique de celle des chrétiens et des juifs qui constitueront « l’Israël de Dieu» (Ga 6, 16).
  • Qu’ils s’imprègnent de la typologie prophétique révé­lée par Ézéchiel et transfigurée par Paul, selon laquelle les deux bois (Joseph et Juda) en constituent « un seul» (Ez 37, 19), et que « des deux, [le Christ] a fait un» (Ep 2, 14), « l’un et l’autre» ayant, « en un seul Esprit, libre accès auprès du Père» (Ep 2, 18).
  • Qu’avec la Tradition rabbinique, ils croient que « tout Israël a part au monde à venir» (Michna Sanhedrin 10, 1), et avec Paul, que « tout Israël sera sauvé» (Rm 11, 26).

C’est dans cette perspective de foi et d’espérance que j’ai écrit ces pages. J’espère ainsi sensibiliser les chrétiens à la typologie trinitaire de l’unité des juifs et des chrétiens, que le Christ a faits « un, comme [son] Père et lui sont un» (Jn 17, 22), sans modifier le dessein éternel du Créateur, tant dans l’ordre ontologique – comme il est écrit: «le Juif d’abord, le Grec [non-Juif] ensuite» (Rm 1, 16) –, que dans l’ordre soté­riologique – comme il est écrit: «Le salut vient des juifs» (Jn4, 22).

Si cette longue méditation n’a pas, tant s’en faut, la préten­tion de constituer le dernier mot sur ce que Paul a appelé un «mystère» (Rm 11, 25) – à savoir: la réunion des «deux familles qu’a élues l’Éternel» (Jr 33, 24), pour que « [son] salut atteigne jusqu’aux extrémités de la terre» (Is 49, 6) –, il espère contribuer, à sa modeste manière, à la reconnaissance chré­tienne de la vocation, à la fois spécifique et commune, de chacune d’elles, au service du dessein universel de Dieu, qui «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Tm 2, 4).

Notes

3.       Pierre Dabosville, « Le difficile dialogue », Évidences n° 94, sept.-oct. 1962, p.35.
4.       Cité d’après un document ronéotypé figurant dans les archives des Pères de Sion, à Paris, dont je détiens une copie.
5. G. Passelecq et B. Suchecky, L’encyclique cachée de Pie XI. Une occasion manquée de l’Église face à l’antisémitisme, La Découverte, Paris, 1995, p.286 et 289.
6.     Cf. ci-après « Les papes de l’époque moderne et les juifs ».
7.     Consultable en ligne sur www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id = 1062.
8. M. Macina, Chrétiens et juifs depuis Vatican II. État des lieux historique et théologique. Prospective eschatologique, Éditions Docteur Angélique, Avignon, 2009. Présentation sur le site de l’éditeur: www.docteurangelique.com/table_ cj.htm.
9. Voir la brochure éditée par la Coopérative de l’Enseignement religieux de Paris, sous le titre, Catholiques et juifs: un nouveau regard. Notes de la Commis­sion pour les relations religieuses avec le judaïsme, texte complet, présentation et commentaires par le père Michel Remaud, Paris, 1985. L’expression « nouveau regard», qui a fait fortune depuis, figure dans le titre donné à ce document dans La documentation catholique, 1985, vol. 82, no1900, p. 733-738.
10.     Voir « Diabolisation chrétienne d’Israël-Liens utiles» (www.rivtsion.org/ f/index.php?sujet_id = 2402).
11.     Emblématique, à cet égard, fut le sévère affrontement entre des représen­tants du Vatican et les membres juifs de la Commission d’experts juifs et catholi­ques sur l’attitude de l’Église durant la Seconde Guerre mondiale, qui s’est soldé par la dissolution de cette commission (www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id = 2186).
12. Le terme « substitution» est utilisé par les spécialistes pour connoter la certitude qu’ont trop de chrétiens d’avoir pris, dans le dessein de salut de Dieu, la place des juifs – réputés déchus, en raison de leur rejet du Christ.
13. Sur la part prépondérante qui fut la sienne dans la genèse et l’adoption de ce document, voir, plus loin, « Le rôle capital du cardinal Bea dans la rédaction et la réception du chapitre de Nostra Ætate, consacré aux juifs ».
14. Cardinal Augustin Bea, L’Église et le peuple juif, traduit de l’italien, Cerf, 1967, p. 91.
15. La formule est de saint Cyprien de Carthage (IIIe s.). Le théologien Michel Remaud précise qu’elle a été « écrite dans un contexte très particulier, celui de la persécution de Valérien» et qu’elle « n’a rien d’un dogme» (note complémentaire 15).

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Table des chapitres

Exorde
Avant-propos

Ière Partie : «Vos frères qui vous haïssent»

La réprobation chrétienne du peuple juif
La polémique antijudaïque, des origines à l’aube du XXe s.
Juifs déicides, maudits, damnés, etc.
– L’accusation de «déicide»
– Le «reniement» juif
– La «malédiction», l’«auto-malédiction», et leurs corollaires: l’errance, le châtiment sans fin et la marque de Caïn
–  Les juifs damnés
– « Le sang retombe». Auto-malédiction juive
– Accusations de crime rituel

Rejet des juifs, supplantés par les chrétiens
– Rejet/dépossession de l’élection, désormais dévolue aux chrétiens
– «Perfidie juive» et autres stéréotypes
– Les stéréotypes de l’«enseignement du mépris»

Les juifs vus par les papes et la presse catholique, entre 1870 et 1938
Les Papes de l’époque moderne et les juifs
Thématique antijuive et antisémite dans La Croix et Le Pèlerin
– La Civiltà Cattolica et la «question juive»

De l’antijudaïsme chrétien traditionnel au silence face à l’antisémitisme d’État
Les juifs dans l’enseignement religieux chrétien (du XIXe s. au début de la seconde moitié du XXe s.)
Image des juifs dans la psyché chrétienne, à la veille et au cours de la Seconde Guerre mondiale
L’attitude de l’Église face à la persécution des juifs par les nazis dans les années 1930
L’attitude du Vatican à l’égard des juifs, de la fin des années 1930 à la défaite allemande
L’attitude de l’Église de France face aux mesures antisémites des années 1940
L’attitude du Vatican face à l’extermination des juifs.
La question du silence – controversé – de Pie XII

Conclusion de la Première Partie

IIe Partie : Un autre regard – Ombres et lumières

L’Église redécouvre le peuple juif
Introduction
Les rencontres et le début de l’Amitié judéo-chrétienne
– Un précédent aussi peu connu que trop tôt disparu : Amici Israel (1924-1928)
– La rencontre du Savoy Hotel (1943)
– La Conférence d’Oxford (1946)
– La Conférence de Seelisberg (1947)
– Conférence internationale de Fribourg (juillet 1948)
– Les thèses de Bad Schwalbach (mai 1950)

La polémique autour de l’attitude de l’Église envers les juifs durant la Seconde Guerre mondiale
Le silence d’après-guerre, observé par Pie XII sur le sort des juifs durant la Shoah
Motifs d’espoir ou de découragement ?
Des motifs d’inquiétude
La réserve diplomatique du Vatican face à la persécution des Juifs fut-elle coupable ?
La Shoah, invisible toile de fond du chapitre 4 de la Déclaration Nostra Aetate
– La repentance de hauts dignitaires religieux chrétiens
– Le rôle capital du cardinal Bea dans la rédaction et la réception du chapitre de Nostra Aetate, consacré aux juifs

Le regard chrétien sur les juifs a-t-il réellement changé ?
– Le chemin parcouru par les autorités ecclésiales
– Un intérêt chrétien plutôt tiède
– La passivité des chrétiens face aux nouvelles formes d’antisémitisme et particulièrement l’antisionisme

« Prends garde qu’il ne t’épargne pas davantage » (cf. Rm 11, 21)
– Quand les témoins se taisent

Quand des chrétiens se taisent face aux accusations des ennemis d’Israël
– Ni l’incarnation ni la Passion ne s’arrêtent au Christ
– Si les Chrétiens se taisent, les Écritures crieront

IIIe Partie : Résistance à l’apostasie

Signes avant-coureurs de l’apostasie
– Rétablissement du Peuple juif

Quand les mots manquent pour exprimer le mystère
– L’apocatastase
– Prégnance apocatastatique de la parabole du figuier
– Si les chrétiens s’enorgueillissent
– Le sens de la contestation mondiale du retour d’Israël dans sa terre
– Vouloir des hommes et dessein de Dieu : l’épreuve de l’obéissance de la foi
– Restauration d’Israël sur sa terre
– Désobéissance et révolte des nations
– L’Esprit de vérité nous introduira dans la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13)

Conclusion : Nous avons besoin de pardon

About Maheqra

Ancien universitaire et chercheur. Licence d'Histoire de la Pensée Juive de l'Université Hébraïque de Jérusalem. Spécialisé dans l'étude du Judaïsme et du christianisme dans leurs différences et dissensions, ainsi que dans leur dialogue contemporain.
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