Deux responsables de l’AJCF se dissocient de ma stigmatisation comme “syncrétiste”

Il m’est extrêmement pénible de rendre public ce bon témoignage, en date du 25 avril 2012, que je ne m’étais pas engagé à garder par devers moi, sauf cas de force majeure. J’estime que ce cas est constitué,  en raison du traitement inqualifiable dont je suis l’objet depuis, sans pouvoir me défendre, et parce que c’est pour moi le seul moyen de prouver ma bonne foi. Toutefois, sans exclure que j’y sois contraint dans l’avenir par des développements imprévus de cette affaire,  je ne mentionnerai ici ni les noms ni les qualités des auteurs de cette lettre, tout en sachant que les initiés les identifieront facilement – ce qui n’est évidemment pas mon intention.

Paris, le 25 avril 2012

Cher Monsieur Macina,

Vous nous avez demandé quelle était notre position concernant l’appréciation de certaines personnes, impliquées dans le dialogue judéo-chrétien, qui considèrent la double identité religieuse que vous avez cru devoir assumer, comme relevant du syncrétisme.

Sans porter un jugement sur ces détracteurs de votre démarche, c’est bien volontiers que nous vous disons que ces critiques ne traduisent pas notre opinion personnelle. Nous entérinons pleinement les bons témoignages qu’ont rédigés à votre sujet, entre autres, deux acteurs historiques des relations judéo-chrétiennes : Bernard Dupuy et Fadiey Lovsky.

Nous nous référons ici à la lettre que le P. Dupuy vous a adressée en décembre 1996. Permettez-nous d’en citer un extrait qui traduit, mieux que nous ne saurions le faire, notre appréciation de votre personne :

Ceux qui vous critiquent […] n’ont certes pas lu vos écrits sur la Bible ou sur les Pères de l’Église. Ils verraient que vous êtes tout le contraire d’un illuminé. […] On peut ne pas comprendre que vous ayez voulu porter et assumer personnellement une “appartenance” juive. Il ne faut pas trop s’étonner que certains ne puissent ici vous suivre. Ils n’en détiennent pas les données. Je souhaiterais seulement, s’ils ne peuvent admettre ce qui ne leur a pas été demandé à eux, qu’ils puissent reconnaître que les voies du Seigneur sont multiples et qu’il en est d’exigeantes. […] Voilà qui suffit bien pour que nous ayons, à votre endroit, la considération sinon l’estime voulues. […] Mais pour ce qui est de votre foi et de votre zèle pour l’Église chrétienne, et même catholique, voilà qui est, pour qui vous connaît et qui vous lit studiose et acriter, une évidence. Il me semble qu’on ne peut se tromper là-dessus que si l’on s’en remet à de mauvaises langues, ou si l’on a quelque préjugé bien ancré. Pour ma part, je bénis le Seigneur d’avoir rencontré un homme de foi véritable, et – permettez-moi de dire – véritablement tam wetamim (= honnête et droit) comme, au dire de Jésus, l’était Nathanaël (cf. Jn 1, 47).

Nous avons eu également connaissance du témoignage que vous rendait, il y a peu, Fadiey Lovsky, en reprenant à son compte l’opinion du P. Dupuy. L’extrait suivant résume bien nos sentiments :

[…] j’approuve et je rejoins totalement les termes concernant M. Macina, que le P. Dupuy, bien longtemps avant d’être malade, a écrits [dans sa lettre du] 21 décembre 1996, où il se porte garant, en termes élogieux, du travail et des recherches de Monsieur Macina. Je considère le jugement du P. Dupuy, comme un jugement hautement autorisé, qui suffit à établir le sérieux des recherches que M. Macina poursuit, dans un domaine religieux de première importance. Cette appréciation est à mon avis tout à fait valable en un domaine où les passions n’ont pas à s’exprimer, et où nous devons garder notre jugement de tout soupçon. Je partage entièrement cette position du P. Dupuy, quant aux travaux de M. Macina.

Voilà, Cher Monsieur Macina. Nous sommes réellement consternés par la polémique dont vous êtes l’objet. Il est clair que nous nous en distancions totalement. Nous ne vous avons jamais considéré comme syncrétiste et nous savons au contraire que vous êtes pleinement engagé dans l’œuvre de la réconciliation entre Chrétiens et Juifs. Votre souci a toujours été d’établir un pont entre les deux traditions religieuses.

Par ailleurs, nous n’avons aucun doute sur le fait que vous vous refusez à envenimer le débat, comme vous l’avez dit de vive voix à l’un d’entre nous.

Nos fonctions respectives au sein de l’AJCF, vous le comprendrez, ne nous autorisent pas à nous exprimer en son nom sur un conflit interpersonnel. Par contre, nous pouvons user de notre liberté de conscience et de parole pour vous exprimer notre bon témoignage et vous assurer de notre amitié.

About Maheqra

Ancien universitaire et chercheur. Licence d'Histoire de la Pensée Juive de l'Université Hébraïque de Jérusalem. Spécialisé dans l'étude du Judaïsme et du christianisme dans leurs différences et dissensions, ainsi que dans leur dialogue contemporain.
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